Paradis pourri : smart islands en Polynésie

samedi 30 septembre 2017

Le Progrès a si bien ravagé une Terre surpeuplée que les technocrates, de Hollande à Hong Kong, préparent leur migration vers des villes flottantes. Les îles et atolls de Polynésie sont les premières victimes de cette catastrophe. Les plus dévastées, les premières noyées et peut-être aussi, les premières à être colonisées par des plateformes de survie high tech. C’est là, en effet, que les Siliconiens du Seasteading Institute prévoient d’établir d’ici 2020 la base avancée de leur habitat futur. S’offrant du même coup des possibilités d’expériences et de recherches transhumanistes pour survivre à un milieu dégradé par leurs activités. Ce n’est pas de la « science-fiction » mais la « road map », la feuille de route de conquistadors pragmatiques, habitués à vaincre et piller par tous les moyens.

Depuis des années les magnats de la high tech californienne annoncent leurs velléités de sécession, de rupture avec les États-Unis, et les États de cette planète. Leur plan : construire des villes flottantes dans les eaux internationales pour réaliser leur utopie dans laquelle aucune contrainte collective ne doit plus peser sur l’individu. En gros, une société sans État, débarrassée de l’impôt, des lois et règlements, des lourdeurs bureaucratiques, des comités d’éthique et autres autorisations de mise sur le marché. Un paradis libertarien pour technocrates tout-puissants. « Nous voulons la souveraineté des nations flottantes » déclare le « seavangelist » Joe Quirk, à la revue transhumaniste We Demain [1].

Cette utopie franchissait rarement l’Atlantique, confinée le plus souvent à la presse technolâtre, genre Wired aux États-Unis, et parfois à la presse économique. Mais voilà que le 13 janvier 2017 paraît dans la presse française, ce qui se présente comme un début de réalisation. Dans les eaux françaises de surcroît – enfin, polynésiennes.

Cette brochure date de 2017, elle est signée Hors-sol & Pièces et main d’œuvre : PDF - 988.4 ko

Au sommaire :

Du paradis primitif au paradis pourri
Paradis de l’innovation dérégulée pour transhumanistes ultra marins
Mélenchon et la planification du pillage écologique
À l’assaut des « Cités idéales »
L’état d’urgence écologique

Notes

[1We Demain, n°19, septembre 2017.