Nouvelles locales

    Il y a un mois, Renart racontait comment les commissaires de l’exposition « Les usages du monde » chassaient un exposant qui voulait révéler ce que leur événement dissimule : les usages de la friche Saint-Sauveur. Goupil n’avait alors pas jugé opportun de dévoiler ses négociations avec d’autres exposants de la trempe de Patrick Bouchain. Par un souci de conscience déontologique qu’on ne lui connaissait guère, Renart doit présenter aux consommateurs de marchandises culturelles comment ils sont joués par les fabricants de ces dites marchandises. Cet article offre à Renart l’occasion d’une réflexion d’une rare lucidité sur les usages, non pas du monde, mais de ce qui en tient lieu, à savoir les Discours et Opinions à son sujet.

Nouvelles globales

  • En 1892, Henri Carrette inaugurait à Roubaix le « socialisme municipal ». En 2014, Piolle lançait de Grenoble l’écologisme métropolitain. Les Verts sont désormais à la tête de neuf grandes villes françaises parmi les plus ravageuses. Quelles sont leurs propositions concernant le développement urbain et les politiques d’attractivité ? Les métropoles seront technologiques et verticales, mais bienveillantes et inclusives. Voici les intentions et C.V. de sept d’entre eux.

  • Pour mémoire et pour nos lecteurs du futur – lors de la prochaine pandémie -, voici trois points d’acquis. 1° L’État français a vendu à l’État chinois des laboratoires et des technologies de cauchemar, dont le laboratoire P4 de Wuhan. 2° Ces laboratoires et ces technologies permettent – entre autres – de manipuler des virus naturels et d’accroître leur dangerosité. 3° De tels laboratoires sont de plus en plus nombreux dans le monde. Des virus s’en échappent constamment.

Histoire & Culture

    Un procès typique du plat pays des marais se jugeait le 9 octobre 2020 au tribunal correctionnel d’Amiens. Trois chasseurs étaient accusés d’avoir volé 120 canards « appelants » dans les propres huttes de leurs collègues. Ces « appelants » servent à attirer les canards sauvages à portée de fusil de leurs propriétaires. Un couple vaut 80 € et il s’en vole des dizaines chaque année, qui alimentent tout un trafic entre la Picardie, les Flandres et les Pays-Bas. Bref, ces vols de canards « appelants » signalent une tradition culturelle commune à un peuple commun, dans un espace géographique commun.
    Coïncidence, c’est également de cet espace que surgit le Picard Jean Calvin (1509-1564), le sombre prophète du protestantisme, qui, après Luther (1483-1546), et après trois siècles de contestations internes à l’Eglise catholique, des Vaudois aux Hussites et Anabaptistes [1], fixe les traits de ce qu’on pourrait nommer la mentalité « orangiste ». Établi d’abord à Genève, le calvinisme impose son dogme impitoyable et une théocratie républicaine qui va modeler la communauté réformée, politiquement et économiquement, et par conséquent tous les pays où elle impose sa domination. Que ce soit en Suisse, aux Pays-Bas, en Angleterre, en Écosse, en Amérique et jusqu’en Afrique du sud.
    Et les voleurs de canards, alors ? Ils ont été condamnés à quelques centaines d’euros d’amende et à des travaux d’intérêt général. Ce n’est pas cher. Les chasseurs passent des années à dresser leurs « appelants » et leur sont passionnément attachés. Les coupables auraient fort bien pu finir lardés de plomb, au fond de l’eau.

  • Avant Calvin, il y a Luther, et avant Luther, Arnaud de Brescia, Valdo de Lyon, Wyclif d’Oxford, Jan Hus de Prague, qu’il faut évoquer pour comprendre ces sectes néerlandaises, terreau de l’orangisme. La Réforme protestante sera l’aboutissement, peut-on dire, d’une longue histoire d’émeutes et de jacqueries contre l’accaparement du dogme et des richesses chrétiennes. Contemporains et successeurs du mouvement communal, les Vaudois, les Cathares, les Jacques, les Hussites de Prague et les Picards de Bohème, plus ou moins anarcho-communistes, mais toujours pauvres pêcheurs, annoncent le schisme de la Réforme protestante et son esprit de l’industrialisme.

  • Renart profite d’un Plan de relance à cent milliards pour présenter sa contribution à l’écriture du spectacle L’Apocalypse selon Günther mis en scène par Louise Wailly. La scène se déroule au sein du « Projet Manhattan », le programme industriel et scientifique le plus cher de l’histoire. Avec ce projet débuté dans le secret en 1941, les États-Unis fondent leur puissance nucléaire et électrique, referment une décennie de chômage de masse, et ouvrent la voie à la société de consommation. En 2020, dans une mesure moindre, l’État français use de sa puissance organisatrice et financière pour numériser le pays à marche forcée et tuer dans l’œuf, espère-t-il, la récession provoquée par la pandémie de COVID-19. Deux époques, une recette : la mobilisation de la recherche et de l’industrie, civiles comme militaires.